Le nouveau visage de Times Square

De l’avis de tous, Times Square a bien changé depuis dix ans. Autrefois considéré comme peu recommendable, voire dangereux, Times Square a littéralement changé de visage sous la gouverne du maire Bloomberg. On peut maintenant y circuler en toute sécurité à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, sans risquer de se faire aborder par un dealer ou un(e) prostitué(e). Broadway est complètement fermé à la circulation automobile entre la 42e et la 44e rue, et on y retrouve toute la richesse de la faune newyorkaise autant de jour que de nuit (surtout de nuit).

J’ai pris ces photos quelques jours avant la fête nationale, vers les 2h30 du matin.  Ça grouillait de touristes, d’amuseurs publics, de vendeurs de toute sorte et de citoyens ordinaires. Les deux jeunes filles ci-dessus sont russes, fraîchement débarquées de Vladivostok il y a quelques semaines. Elles ont trouvé ce job, qui consiste à promouvoir des visites à Staten Island. Elles travaillent de 20h à 5h du matin, 6 jours par semaine, pour $280. “On s’est fait beaucoup d’amis”, me dit en souriant Natasha, 19 ans, dans un anglais approximatif. “C’est moi qui converse avec les touristes, me confie-t-elle, car mon amie Svetlana ici ne parle pas encore l’anglais. En plus, elle est timide!” Elles échangent quelques mots en russe, éclatent de rire, et prennent fièrement la pose.

2h30 du matin, c'est l'heure de la sieste à Times Square...

Quand on vous dit qu’on trouve de tout à New-York, ce n’est pas à prendre à la légère. Cette jolie française, arrivée à NYC depuis deux mois, vend des condoms à l’effigie de Barak Obama. “Ah, vous êtes québécois, ça s’entend!” me dit-elle avec son fort accent provençal. “Vous devriez les essayer, ces condoms. Ils sont vachement confortables, et ça vous permettra d’afficher votre soutien à la cause.” Je lui demande si elle en vend beaucoup, comme ça, sur le coin de la rue en pleine nuit. “Un peu moins quand il pleut, c’est vrai. Mais aujourd’hui par exemple, j’en suis à ma quatrième caisse de 100 condoms.” Je suis certain qu’elle aussi s’est fait plein de nouveaux amis à Times Square…

La capitale du bubble-gum

Vous ne le saviez sans doute pas, mais New-York est la capitale mondiale des gommes-balounes écrapouties sur le trottoir. C’est même écrit dans le Livre des Records Guiness, allez-y, vérifiez. Ce qui est fascinant, à part le nombre hallucinant de taches noires indélébiles laissées au fil des ans, c’est la différence entre les quarties riches et les quartiers pauvres. Ci-dessus, Broadway et la 22e rue. Ci-dessous, 5th ave près de la 70e rue.

Conclusion évidente: les riches ne mâchent pas autant de gomme baloune que les pauvres. Vous direz après ça que je ne contribue pas à l’avancement de vos connaissances scientifiques, ha!

Avant le concert

V. donne ce soir son plus important concert de piano jazz à date. Pour un petit bonhomme de 9 ans, il tolère assez bien le stress, mais il est quand même rongé par l’inquiétude. Avant d’entrer en scène, il passera ainsi plusieurs minutes devant la fenêtre, immobile, à jouer ses pièces une dernière fois dans sa tête.

Dans la voiture après le concert (qui fut un franc succès), il me demande: “Papa, est-ce qu’on peut bien jouer même si on n’a pas le trac?”. Je lui rappelle ce qu’Oscar Peterson, une de ses idoles, avait dit un jour: “The day I’ll stop getting stage fright is the day I’ll stop playing, ’cause that’ll mean I’m dead”. (“Le jour où je n’aurai plus le trac sera le jour où j’arrêterai de jouer, car ça voudra dire que je serai mort.”).

V. n’a rien dit. Il a simplement hoché la tête en regardant au loin, l’ébauche d’un sourire au coin des lèvres.

Seule dans la cour

Trop souvent, pendant que les autres enfants jouent tous ensemble dans la cour, cette jeune fille se retrouve seule, n’ayant d’autre choix que de lire pour passer le temps. Bien qu’on prêche aujourd’hui l’ouverture sur le monde, que les classes soient mixtes et d’ethnies diverses, on constate toujours beaucoup de cas de rejet par les pairs. Elle n’y peut rien, c’est bien ça le pire.

Chaplin, mon assistant

Chapline me regarde en voulant dire "Allez, dépêche-toi, au boulot!"

Lui, c’est Chaplin, mon nouveau helper. On l’a nommé comme ça parce que c’est un mutant: il a six doigts aux pattes arrière et cinq aux pattes avant (normalement, c’est quatre partout). Par conséquent, les raquettes qui lui tiennent lieu de train arrière l’obligent à marcher les pieds écartés en se dandinant, un peu comme Charlie Chaplin. Rassurez-vous, même si c’est un mutant, Chaplin reste un chat très normal: je mange, je joue, je dors. Et si ça me plait, je viens t’aider à faire ton travail.

"Quoi? Déjà l'heure d'aller travailler? Naaahhh!"

Quoi? Déjà l'heure d'aller travailler? Naaahhh!

Film 1, numérique 0

On me demande régulièrement en voyant mes photos combien de pixels possède mon boitier ou quelle caméra j’utilise. Plusieurs sont alors étonnés d’apprendre que, malgré mon appréciation pour le numérique, j’utilise encore très souvent le film. On me demande alors pourquoi, d’autant plus que j’ai la réputation d’être un “techie”, un branché du gadget, un allumé de l’électron. En réalité, c’est totalement faux, je suis un incurable nostalgique des carioles à boeuf et des fournaises au charbon, mais je digresse. Lire la suite…

Le plaisir de naviguer avec Sylvio, Part III

J’ai quitté la Martinique avec des sentiments partagés. D’un côté j’en avais ras le bol de la grève, des magasins vides, des touristes bedonnants et des matins sans croissants. Et j’étais content de me retrouver enfin au large à bord de Brania, dans le bleu infini, bercé par le rythme calme de la longue houle. Mais j’étais tombé sous le charme de l’Île aux fleurs et j’aurais bien aimé vivre encore un peu auprès de ces gens attachants au sourire facile. J’aurais voulu m’arrêter, devenir photographe ou écrivain et couler le reste de mes jours dans cette chaude lumière, entre la menace du volcan et l’apaisement de la mer.

Voilà bien la tristesse de la vie de bateau. Toujours on repart, on quitte, on n’arrête pas de faire des petits deuils. Lire la suite…

Le plaisir de naviguer avec Sylvio, Part II

De Ste-Lucie à la Martinique
À Rodney Bay, un voilier français qui rentrait nous a bien avertis en pointant vers le large: “Grand frais!”. En clair, ça veut dire “Vous allez vous faire secouer”. Mais bon, pas le choix, faut y aller. En effet, ça brassait comme dans une laveuse industrielle. Le “Goliath” de la Ronde, c’est endormant à côté de ça. D’ailleurs, Camille, qui n’a jamais été malade ni à la Ronde ni en bateau, s’est joint à Michèle pour copieusement nourrir les poissons. Les deux seuls qui avaient du fun, c’est Victor, qui adore les manèges extrêmes, et Sylvio, qui au large irradie le bien-être de celui qui est pile dans son élément. Moi, ben, j’essayais tant bien que mal de lire le France Soir acheté à Rodney Bay et je trouvais les nouvelles des émeutes pas vraiment rassurantes… Lire la suite…

Le plaisir de naviguer avec Sylvio

Comme tout le monde, je profite de ce congé de Pâques pour relaxer, pour essayer d’oublier les nombreux soucis qui meublent ma vie trépidante d’urbain occidental. Mais dès que je ferme les yeux, c’est mon ami Sylvio que je vois, juste là devant moi. Il est debout à la barre de son fier Brania, scrutant l’horizon avec cet air serein et décontracté de l’homme qui a trouvé sa place dans le monde. Je suis  monté à bord le mois dernier, et même si je suis de retour depuis quelques jours, je ne suis pas encore vraiment revenu. J’ai laissé un peu de mon âme sur Brania, et aujourd’hui, quand je suis seul dans le métro ou sur la route, j’ouvre une petite porte dans un coin de mon coeur, là où il y a la mer, Brania et mon ami Sylvio Côté. Lire la suite…

Le parfum de la victoire

Pour fêter ses neuf ans, j’avais promis à V. de l’emmener faire du karting. Il s’est lancé avec avidité sur la piste, en compagnie de son meilleur ami qui passe la semaine avec nous. Nos deux lascars nous en ont mis plein la vue, dépassant leurs rivaux et battant le record du meilleur tour. “C’est facile de gagner, papa! Il suffit de garder la pédale au tapis et de ne jamais freiner.” Belle équipe!

En regardant cette image de près, vous pourrez apprécier le sourire rapace de V. qui s’apprête à coiffer un concurrent. “J’aurais pu en doubler beaucoup plus avec une voiture plus rapide”, se lamente-t-il.

Je crois que je garderai cette photo bien en vue dans quelques années, lorsqu’il me demandera de lui prêter les clés de l’auto…