Jeunes triathlètes

On m’a demandé cette année de couvrir le triathlon de Valleyfield, près de Montréal. Je m’attendais bien sûr à y trouver des athlètes adultes, disons entre 20 et 50 ans. Mais j’ai été surpris d’y découvrir toute une organisation pour les jeunes, les enfants même, avec des entraîneurs, des soigneurs et des clubs fort bien organisés. Ils ont des maillots personnalisés, des bannières, et j’ai vu des tentes et même des voitures peintes aux couleurs du club. Ils sont des dizaines, voire quelques centaines, à participer. Ils viennent de partout au Québec, en Ontario et aux USA. Ils ont entre 5 et 17 ans.

Les jeunes, particulièrement les adolescents, poussent la machine au maximum, franchissant la ligne d’arrivée complètement épuisés, dans une douleur intense. J’ai vu plusieurs d’entre eux vomir ou s’écrouler tellement leur effort avait été extrême.

Je suis étonné qu’on encourage des enfants à aller aussi loin. Ont-ils du plaisir? J’ai demandé à un jeune d’environ 14 ans si sa course avait été “le fun”. Il m’a regardé comme si je venais de la planète mars. “C’était brutal. Man, ici t’as le top du top, c’est full dur de rester compétitif. Mais j’ai accoté mon meilleur temps cette année, fait que j’ai pas l’air trop niaiseux.” Ce jeune-là s’entraîne deux heures par jour, sept jours par semaine, avec des compétitions un week-end sur deux. Régime alimentaire assez strict, pas de poutine ni de cheeseburgers au menu. Pas de sorties tard le soir, pas d’alcool, pas de discothèque. J’insiste en lui demandant: “Oui, c’était brutal, mais dans tout ça, toute cette affaire de triathlon, l’entraînement, le régime, as-tu un peu fun?”

Il a simplement haussé les épaules et tourné les talons, évitant mon regard.

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