Hommage à Hamilton

Mon amie Adèle a gentiment accepté se prêter à ce petit exercice de style. Nous avons emprunté le studio de danse d’un copain, et essayé quelques accessoires. Dans sa série sur la danse, David Hamilton utilsait du Kodachrome et des filtres qu’il fabriquait lui-même avec de vieux morceaux de vitre enduits de gelée de pétrole. Ici, je me suis servi de mon boitier numérique, j’ai ajouté le grain et le léger halo avec Lightroom.

Adèle, en voyant les photos, m’a confié “Très joli, vraiment. Mais ça sent quand même le mois de décembre.” En effet, il y a quelque chose dans la qualité de la lumière qui indique l’hiver. Même en essayant de “réchauffer” avec Photoshop, je ne suis pas arrivé à m’en débarasser complètement. Voilà un leçon importante, à mon avis: il y a des signaux très subtils dans la lumière, impossibles à quantifier ou à identifier avec précision, mais notre inconscient, lui, sait bien les reconnaître. J’essaierai de refaire ces photos en été (si possible en Provence, comme le faisait Hamilton) et on verra s’il y a une différence.

En passant, c’est presqu’impossible de trouver des photos d’Hamilton dignes de ce nom sur le Web. Sa succession exerce un contrôle archi-serré sur ce qu’on publie de lui. Tant mieux au fond, car les épreuves et les livres sont les seuls média vraiment capables de rendre justice à un artiste de ce calibre. On peut commander ses livres sur son site d’archives et sur amazon.com.

Portrait Professionnal

J’ai récemment commencé à utiliser Portrait Professionnal pour faire des retouches au visage. Ce logiciel permet d’éclairicir la peau, de clarifier les yeux et même de corriger la géométrie du visage. La qualité des résultats est étonnante comme en témoignent les photos de Marie-Maude ci-dessous. Il m’a fallu a peine dix minutes pour effectuer ces retouches, alors que j’aurais sans aucun doute passé plusieurs heures dans Photoshop pour arriver aux mêmes résultats.

Voici d’abord la photo finale (cliquez pour voir plein grandeur):

Marie-Maude après retouches

Et voici l’original (cliquez pour voir pleine grandeur):

Marie-Maude avant retouches

Remarquez le grain de la peau, la disparition des rides, la luminosité du regard. Portrait Professionnal ne coûte que $99 US…

Les frimousses effrayantes

Ceux qui me connaissent bien savent que j’adore photographier les enfants. Ils ont une spontaneité et un appétit pour la vie que bien des adultes ont hélas perdu. Cette année j’ai décidé de mettre une condition à leur visite d’Halloween chez nous: ils pourront obtenir leur part de bonbons uniquement après avoir posé pour le photographe.

J’ai placé une toile de fond et un softbox sur le balcon devant la maison, et je ne prenais qu’une seule photo par enfant ou par groupe. J’ai placé quelques favoris ici, mais vous pouvez voir l’ensemble des photos sur mon espace Picasa.

Moins, c'est mieux

JPG Magazine a publié ce mois-ci sur son site un petit texte que j’ai écrit à propos de la philosophie de Leica et de ses caméras légendaires. J’avais en effet reçu plusieurs questions au sujet de ces appareils mythiques et sur les raisons pour lesquelles des caméras à film peuvent encore se vendre de nos jours, surtout à des prix qui vont jusqu’à dix fois ceux des réflex numériques.

Pas besoin de plus: mon vieux sac, un carnet, un crayon et ma M7

Comme j’en avais déjà discuté dans un article précédent, je trouve encore beaucoup d’avantages au film. Les boitiers sont plus simples et selon moi plus proches de l’essentiel en photographie. C’est ce que j’ai appelé les “quatre essentiels”: le cadre, le focus, l’ouverture et la vitesse. Des boitiers comme le Leica M7 ou le Nikon FE n’offrent aucun automatisme. Vous avez un bouton pour la vitesse de l’obturateur, un bouton pour le déclencheur, that’s it. Vous réglez l’ouverture et le focus manuellement sur l’objectif.

Cette simplicité et le fait d’être limité à 36 poses par rouleau incite à une certaine réserve. Vous prenez moins de photos, en apportant plus d’attention et de préparation à chacune. Les résultats sont en conséquence. L’axiome est celui-ci: en l’espace de dix minutes, vous pouvez soit prendre cent photos ordinaires ou bien une seule photo extraordinaire.

Le matériel Leica a la réputation d’être le meilleur au monde. Le design et la mécanique de la série M n’ont pas changé fondamentalement depuis les années 50. Les lentilles ont une précision, une absence totale de distortions et une netteté et qu’on ne retrouve pas ailleurs. Les boitiers sont en bronze massif, taillés d’une seule pièce. Chaque lentille et chaque boitier est assemblé à la main, puis rigoureusement testé pendant des jours.

On est donc loin de la production de masse des fabricants asiatiques, et c’est la raison pour laquelle ces caméras coûtent cher: pas de plastique, pas de compromis, aucune tolérance aux imperfections. Il vous sufffira d’en tenir une pour apprécier la différence. Trop cher, me direz-vous? Considérez que, contrairement à votre boitier numérique qui perd 50% de sa valeur à chaque année, un boitier Leica s’apprécie d’environ 4 à 5% par année si vous le gardez à l’état neuf, et qu’il conservera sa valeur d’origine pendant de longues années même s’il porte des marques d’utilisation intensive.

Wim Wenders et Leica

Wim Wenders est un de mes réalisateurs favoris. Il a produit des chefs-d’oeuvre comme Paris, Texas (1984), Les ailes du désir (1987) et Buena Vista Social Club (1999). Comme plusieurs réalisateurs, il est aussi photographe, et sa caméra de prédilection est la Leica M7. Dans ce vidéo très touchant, il nous parle de son amour pour la photo et de la simplicité de la nouvelle Leica M numérique.

La grande séance

Mélissa Roussel sur le toit

La compagnie Studio 4 loue des studios de photo bien équipés et bien situés dans Montréal. J’y ai d’ailleurs installé mes pénates pour les occasions où je dois travailer en lumière contrôlée plutôt qu’en lumière naturelle. Trois fois par année, pour faire sa promotion, Studio 4 organise une grande scéance collective où sont invités mannequins, stylistes, maquilleuses et photographes. C’est une occasion de voir de nouveaux visages et d’essayer du nouveau matériel, car ces rassemblements sont commandités par les grands fournisseurs d’équipement.

J’avais apporté un boitier numérique (Nikon D700) et un boitier film (Leica M7). Pouvez-vous dire laquelle des trois photos sur cette page est prise avec du film? C’est vrai que c’est peut-être difficile sur un moniteur d’ordi en 1024 X 768, mais lorsqu’on regarde une épreuve papier, ça saute aux yeux.

Vanessa Gee dans l'escalier du 4e

Kim et Theo dans un coin au 5e

Brume de septembre

Depuis quelques jours, à l’aube, le lac est enveloppé d’un épais brouillard qui ne se dissipe que lentement après l’apparition du soleil. J’en ai profité pour me lever tôt (avant 6h) et descendre au quai attendre la lumière. Ceux qui ont de bons yeux vont remarquer le grain du film, du bon vieux Tri-X Pan, malheureusement de plus en plus difficile à trouver. C’est dommage, car j’ai une affection particulière pour son rendu des tons de gris, sa gamme d’exposition et la finesse des détails. Une image comme ça est très difficile à obtenir avec un appareil numérique, car même les meilleurs boitiers n’ont pas une plage dynamique suffisante. Il faut alors faire des expositions multiples et recourir aux techniques HDR, mais on perd vite la sensualité naturelle du film. J’ai pris ce cliché avec ma bonne vieille Leica M7 équipée d’une lentille 28mm,  f8, 1/60, sans trépied.

Jeunes triathlètes

On m’a demandé cette année de couvrir le triathlon de Valleyfield, près de Montréal. Je m’attendais bien sûr à y trouver des athlètes adultes, disons entre 20 et 50 ans. Mais j’ai été surpris d’y découvrir toute une organisation pour les jeunes, les enfants même, avec des entraîneurs, des soigneurs et des clubs fort bien organisés. Ils ont des maillots personnalisés, des bannières, et j’ai vu des tentes et même des voitures peintes aux couleurs du club. Ils sont des dizaines, voire quelques centaines, à participer. Ils viennent de partout au Québec, en Ontario et aux USA. Ils ont entre 5 et 17 ans.

Les jeunes, particulièrement les adolescents, poussent la machine au maximum, franchissant la ligne d’arrivée complètement épuisés, dans une douleur intense. J’ai vu plusieurs d’entre eux vomir ou s’écrouler tellement leur effort avait été extrême.

Je suis étonné qu’on encourage des enfants à aller aussi loin. Ont-ils du plaisir? J’ai demandé à un jeune d’environ 14 ans si sa course avait été “le fun”. Il m’a regardé comme si je venais de la planète mars. “C’était brutal. Man, ici t’as le top du top, c’est full dur de rester compétitif. Mais j’ai accoté mon meilleur temps cette année, fait que j’ai pas l’air trop niaiseux.” Ce jeune-là s’entraîne deux heures par jour, sept jours par semaine, avec des compétitions un week-end sur deux. Régime alimentaire assez strict, pas de poutine ni de cheeseburgers au menu. Pas de sorties tard le soir, pas d’alcool, pas de discothèque. J’insiste en lui demandant: “Oui, c’était brutal, mais dans tout ça, toute cette affaire de triathlon, l’entraînement, le régime, as-tu un peu fun?”

Il a simplement haussé les épaules et tourné les talons, évitant mon regard.

La course de homards

Ok, voici comment ça marche: Vous achetez deux ou trois, ou même quatre homards bien vivants. Prenez-les vigoureux, c’est important. Vous leur fabriquez un petit dossard en papier que vous attachez à une de leurs pinces.  Chacun mise un dollar sur son homard favori. Vous placez les homards à une extrémité de la table et vous comptez “Un, deux, trois, GO!”. Celui qui a misé sur le premier homard à atteindre l’autre bout de la table ramasse le gros lot.

Après ça on mange les participants!

L'héritage de Frank Lloyd Wright

Le musée Solomon Guggenheim de New York accueille chaque année plus de 2 millions de visiteurs. Cette merveille du modernisme est l’oeuvre maîtresse de l’architecte Frank Lloyd Wright, mort peu après son ingauration en 1959. C’est problement l’endroit le plus photographié de New York après l’Empire State Building et Times Square (non, rassurez-vous je n’ai pas photographié l’ESB).

Au Guggenheim, il est interdit de faire des photos des oeuvres, ce qui est tout-à-fait normal pour un musée. Mais puisque l’architecture est saisissante, il permis de faire des photos qui pointent vers le haut à partir du rez-de-chaussée. Mais il est absolument interdit de faire des photos qui pointent vers le bas dans la spirale, ce qui fait de la photo ci-dessus un trésor à conserver: c’est un cliché rare et totalement illégal. On m’avait averti des règles strictes à l’entrée, et avec deux gardiens qui rôdait autour de moi, il a fallu que je prenne la photo “à l’aveugle”, laissant reposer le boitier sur le bord de la rampe alors que je regardais distraitement une maquette exposée juste à côté.